Informationen in FranzösischNote explicative relative au statut de la communauté
catholique francophone
Depuis
le 1er janvier 1999, la communauté catholique francophone de Vienne
a changé de Statut. Dès cette date, elle «entre » dans le régime juridique
et financier du diocèse de Vienne. La moitié de la communauté, étant de nationalité
française, se trouve partagée au sujet de cette décision. Les raisons sont,
pour la plupart, affectives car elles sont liées aux modalités françaises
de la contribution volontaire. En Autriche, cette contribution est obligatoire.
Cette obligation fait des difficultés à quelques-uns. Pourtant 1'Eglise Catholique
ne propose pas mais impose à ses fidèles de lui donner les biens nécessaires
à son œuvre'. Il s'agit donc, avant tout, d'un problème culturel !
Pour
dépassionner le débat, je me contenterai d'expliquer les choses de manière
pragmatique en les envisageant sous trois aspects:
1. l'aspect historique
de la Paroisse française à la communauté
catholique francophone
A la différence de la France, l'empire austro-hongrois n'etait
pas un Etat Nation mais un Etat de Nations. Ce dernier avait, par le lien
qui existait entre l'Eglise et l'Etat, permis la création de «paroisses nationales
». L'historique de la ville de Vienne fait état d'une paroisse française des
1880.
En 1945, Vienne est occupée par les alliées
dont la France. La charge pastorale de la communauté française est alors assureé
par un aumônier militaire rétribu par l'armée. Au retrait des forces françaises,
le relais est assuré par un prêtre français rétribué comme professeur au lycée
français. Lequel est fondé par le général Bethouard commandant en chef des
forces françaises en Autriche.
Progressivement, la prise en charge du prêtre
diminue. Le prétre perd son statut de vacataire au lycée. Et la rémunération
du prêtre incombe totalement à la communauté.
En 1967, le pape Paul VI, - dans le prolongement du concile
Vatican II, écrit le motu proprio <>.
Ce document régit le Statut des communautés étrangères dans les diocèses.
Il rappelle les principes fondamentaux au nom de l'Eglise universelle à
savoir qu’il n’y a pas d’eglises nationales. Il impose à chaque diocèse
la prise en charge des communautés étrangères en lien avec les conférences
épiscopales régionales ou nationales. A cette date, le diocèse de Vienne crée
les postes nécessaires aux aumôniers chargés des communautés d'expression
linguistique étrangere. Les communautés sont donc invitées, comme les Autrichiens,
à verser leur contribution au diocèse de Vienne.
Malgré cette décision, la communauté catholique
francophone bénéficie de l’exemption de cette mesure à la demande de certains
de ces membres pour conserver la spécificité française. Mais ce privilge accordé
a progressivement des conséquences trés dommageables. En effet, qu’une contribution
soit obligatoire ou volontaire elle doit être reversée impérativement à l’évêque
(c'est le cas également en France !). Hélas, durant plus de 30 ans la communauté
catholique francophone gère ses finances sans lien avec l’eglise locale et
adopte un type de fonctionnement s’écartant des principes théologiques de l’Eglise
universelle.
C’est pour cette raison (et non pour des raisons financières)
que la conférence épiscopale de France a demandé au Cardinal Archevêque
de Vienne l’intégration de la communauté dans son diocèse et ce, dans l'esprit
théologique du motu proprio précité.
2. l’aspect théologique
Le retour au lien ordinal
Cet aspect concerne le lien entre la communauté
et le diocèse ainsi que le lien entre le prêtre et son évêque. Le motu proprio
de 1969 stipule que l’aumônier d’une communauté étrangère reste «incardiné
»2dans son diocèse. Toutefois, durant tout le temps de sa mission,
il reçoit celle-ci de l’évêque du lieu et est placé sous sa juridiction.
Les prêtres diocésains sont liés ä leur évêque
par le lien ordinal (l’ordination) reposant sur l’économie d’une promesse
: Le prêtre promettant l’obéissance à l’évêque et à ses successeurs.
En retour, l'Evêque promettant la subsistance en son nom et
celui de ses successeurs. Il est normal, comme c’est le cas en France également,
que le prêtre soit rétribué par l’évêque qui l’emploie.3
Agissant sous l’autorité de l’évêque du lieu
et appartenant au presbytérium du diocèse, l’aumônier dirige sa communauté
au même titre qu’une paroisse du diocèse local.
La communauté francophone est une portion
de l’église diocésaine. Elle ne peut pas être une excroissance de l’église
de France à Vienne ni une association privée embauchant un prêtre en qualité
de prestataire de service.
3. L’aspect juridique
une meilleure vision de la notion de séparation
de l’Eglise et de l’Etat
Une bonne part de nos difficultés proviennent
du fait que nous connaissons mal notre propre système. La séparation de l’Eglise
et de l’Etat n’est pas une spécificité française. La séparation du fait politique
et du fait religieux s’inscrit de manière normative dans les constitutions
de la plupart des pays européens vers la moitié du 19eme siècle.
Elle résulte plus de la traduction juridique de l’esprit du siècle des lumières
que de la Révolution française. Ce faisant, il n’y a plus d’etat confessionnel
en Europe. Ce principe à voulu garantir la reconnaissance de tous les cultes
même si suivant tel ou tel pays, l’Eglise catholique jouit de «rapports privilégiés
». Contrairement à une idée largement répandue, la présence d'un concordat
dans un pays ne signifie pas l’absence d’une séparation mais bien le contrat
(recherchant la concorde !) établissant distinctement ce qui relève
des uns et ce qui relève des autres.
Par contre, les modalités de séparation sont très diverses
d’un pays à l’autre. Ainsi, en France, cette séparation s’est faite de maniére
douloureuse, jusqu’à une rupture totale sous la forme d’un divorce prononcé
par la loi de 1905. Comme dans tout divorce, il y a une pension alimentaire.
Tous les lieux de cultes (catholiques, protestants et israélites) restent
propriété de l’Etat, sont donc à sa charge et entretenus par l’impôt des citoyens...croyants
ou non !'4 De plus l’Etat accorde aux associations cultuelles
un régime fiscal de faveur. Il ne reste aux cultes, par la contribution volontaire
des fidéles, qu’à assurer le salaire de leurs ministres.
En Autriche, cette séparation s’est faite
sous la forme d’une séparation de corps!
Ce qui signifie que l’Etat ne prend rien à sa Charge mais autorise les différents
cultes, par la force de la loi, à lever leur dîme. La société autrichienne
reposant sur un corporatisme puissant, les cultes, et en particulier l’Eglise
catholique, font partie de la vie publique sans pour autant être confondu
avec l’Etat !
Le Kirchenbeitrag n'est pas un impôt au sens
fiscal du terme comme c’est le cas en Allemagne (Kirchensteuer), en Italie
et en Espagne. C'est une contribution versée à l’Eglise sans l’intermédiaire
de l’administration fiscale. Tous les fidèles catholiques y sont tenus
au titre du canon 1260 : « l ’Eglise a le droit inné d’exiger des fidéles
ce qui est nécessaire à ses fins propres »et au titre du canon 1262 :
« Les fidéles aideront l’Eglise en s’acquittant des contributions demandées
selon les régles établies par la conférence des Evêques ».
La conférence épiscopale autrichienne demande
à tous ses fidéles de verser annuellement de 0.1% à 1,1% de son revenu imposable(suivant
la situation matrimoniale et le nombre d’enfants). En France, les évêques
demandent dans la mesure du possible 1% de vos revenus ! II est vrai
qu’en France peu de gens donnent cette somme, ce qui crée des disparités très
grandes voire graves d’un diocèse l’autre.
La recette du Kirchenbeitrag, prend en charge
le patrimoine immobilier, le salaire et les charges sociales des prêtres et
assistants laïcs. Une part de ce budget sert également à aider les paroisses
déficitaires. Il est totalement indépendant des quêtes paroissiales
qui appartiennent à chaque paroisse et qui constituent leur budget propre.
Père Philippe HENNECART ANGELI
(Curé)
1
Canons 1259 et suivants Code de droit canonique 1983
2
Terme juridique signifiant l’appartenance à un diocèse.
3
Qui donne, ordonne ! ....Qui commande, paie !
4
Les cathédrales sont entretenues par le ministére de la culture ( c.a.d. l’impôt
direct). Tous les autres lieux de cultes ainsi que les presbytéres attenants
sont entretenus par le budget des communes
( c.a.d. les recettes de la taxe d’habitation)
(red)
|